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Les 7 étages de la pensée

Les 7 étages de la pensée

Cette taxonomie de la pensée est selon ma perception et mes mots, avec mes limitations. Retenez surtout que la pensée rationnelle n'est pas suffisante et qu'elle confond le pré-rationnel et le post-rationnel.

Et retenez aussi qu'un étage supérieur ne sert à rien tant qu'il ne descend pas dans le quotidien.

Étage 1 : La pensée archaïque

Ancrée dans l'instinct de conservation, nourrie par la colère, la pensée archaïque est simple, elle vise la survie de l'individu, par le combat ou par la fuite. Dans le monde moderne, la recherche de sécurité passe surtout par la quête de plus d'argent. Les autres choses importantes pour se sentir en sécurité sont le travail, le foyer et la mère.

Sous grand stress, notre mode de pensée retombe facilement jusque-là, dans l'état de conscience naturel du nouveau-né.

Le monde se limite à une personne, moi.

Étage 2 : La pensée magique

Ancrée dans l'instinct de reproduction, nourrie par l'hystérie et les désirs, la pensée magique est caractérisée par l'incapacité de distinguer entre le réel et l'imaginaire. J'ai faim, je pleure, et je reçois à manger. C'est magique, il suffit de pleurer pour obtenir ce que je veux.

À cet étage, l'on recherche la satisfaction des désirs par la sexualité, la nourriture, éventuellement les sensations fortes de toutes natures.

C'est l'état de conscience du bébé et du jeune enfant.

Le monde se limite à deux personnes ou à la famille.

Dans les étages 1 et 2, on est le plus souvent en décalage avec la réalité.

Nota bene : il existe par ailleurs des modes de connaissance directe de plans subtils qui ne relèvent pas de cette confusion enfantine — il ne faudrait pas confondre la pensée magique de l'enfant avec ces perceptions plus fines, qui demandent d'autres facultés et apparaissent à des étages supérieurs.

Étage 3 : La pensée rationnelle

Ancrée dans l'instinct de la meute, nourrie par la peur, la pensée rationnelle se caractérise par la capacité de raisonner, de faire des inférences logiques. Il y a recherche de liberté, de pouvoir, de sécurité par le savoir ou par l'appartenance à une tribu.

Depuis cet étage, les étages inférieurs semblent stupides, ainsi que les étages supérieurs d'ailleurs. Ce que les gens rationnels ne voient pas, c'est que le mental rationnel est aveugle. Une pensée en vaut une autre. Les informations venant des sens ne sont pas fiables. Mais surtout, sans l'application du pouvoir de discernement des étages supérieurs, il n'y a pas moyen de distinguer le vrai du faux juste par le raisonnement.

C'est l'état de conscience de l'adolescent.

Dans ce niveau de pensée, on peut croire aux mythes. Si l'on ne croit plus au Père Noël, on croit en plein de choses, dont une grande partie est sans ancrage dans la réalité.

Vivre dans les trois premiers étages uniquement, dans « argent, sexe et nourriture », c'est vivre en enfer, avec un état de conscience animal.

Étage 4 : L'intelligence

Ancrée dans l'intérêt pour la relation, l'intelligence se distingue par la capacité de penser directement en concepts, sans passer par la formulation linguistique. Il y a capacité de compréhension instantanée, d'appréhension qu'un système est plus que la somme de ses parties.

À cet étage, il y a la capacité de discernement, qui va aussi avec l'amour et la haine, avec le faux ego. Aux étages inférieurs, les choses me servent ou non, j'aime quand cela m'est utile ou agréable, je déteste ce qui ne va pas dans mon sens. Au 4e étage apparaît la capacité d'altruisme, de m'intéresser à quelqu'un que je ne connais pas, voire à tout être vivant.

L'intuition vient de plus haut, mais peut être perçue par l'intelligence. Aux étages inférieurs, il n'y a que des instincts animaux. Au 4e étage commence la dimension proprement humaine. L'intelligence peut être dirigée, avec l'attention, vers le haut ou vers le bas. Tendanciellement, les trois niveaux inférieurs ne tirent que vers le bas, alors que les étages supérieurs ne tirent que vers le haut.

La majorité des êtres humains ont accès à ce niveau de pensée. Il y a dans mon estimation 40 % des êtres humains qui passent la majorité du temps dans les deux premiers étages, 50 % des humains qui vivent majoritairement dans le rationnel au 3e étage, et 10 % qui vivent installés dans le 4e étage et au-dessus, soit dans l'état de conscience d'un humain adulte.

Accéder à l'intelligence demande d'être calme, de ne pas avoir d'attachements émotionnels, pas de peur, pas de colère, pas de besoin d'aimer, d'être aimé ou d'être reconnu. Le mental calme s'acquiert efficacement par la méditation et par le lâcher-prise.

Pour ne pas être un jouet au service des riches, pour ne pas être abruti par la masse des informations fausses ou divertissantes qui nous arrivent, il est nécessaire de se maintenir au moins à cet étage. Avec un peu d'effort, la grande majorité d'entre nous en sommes capables.

Étage 5 : La joie sans cause

À cet étage, le cœur est toujours ouvert, la joie et la paix intérieure sont toujours là. Quoi qu'il arrive, je suis la béatitude. La compréhension directe des choses se fait sans effort. La pensée est par défaut systémique et enveloppante. Je respecte non seulement le vivant, mais toute la création.

Ce qu'il reste de sombre à cet étage que l'on pourrait qualifier d'angélique, c'est que je juge encore négativement les étages inférieurs. Je suis dans une vision universelle pleine d'amour, mais je suis globalement désintéressé par le monde. Je suis néanmoins occasionnellement motivé par l'art, par l'expression de la beauté et de l'intelligence.

C'est vrai à chaque étage jusqu'au 5e compris : quand on accède à un étage supérieur, d'une part les étages inférieurs paraissent stupides, et d'autre part on a l'impression d'être arrivé au sommet.

Que voudrait quelqu'un en permanence immergé dans la joie ?

Cet étage est le premier pouvant conduire à une vraie pensée écologique, incluant tout le vivant et toute chose dans sa réflexion, en comprenant la dimension systémique.

Nota bene : la joie sans cause (stabilité affective) et la pensée systémique (lucidité cognitive globale) ne marchent pas toujours au même rythme. Certains s'établissent dans la joie sans pour autant développer la pensée systémique la plus fine ; d'autres pensent par totalités sans avoir la joie stable. Le 5e étage est complet quand les deux se rejoignent.

J'estime qu'environ 5 % de la population a un accès au moins partiel à cet étage, mais que moins d'une personne sur 10 000 y est établie.

Étage 6 : La conscience cosmique

Cet étage se caractérise par son accès à la pensée avant la création. Ma pensée n'est pas limitée à une expression dans le monde. J'ai accès à la pensée sans objet. Mon mental, parfaitement immobile, peut refléter la Conscience absolue sans attribut, ou tout ou partie du cosmos.

À cet étage, la place de chaque chose dans la création est perçue correctement. Le respect pour toute chose ou toute personne est absolu. En fait, je suis coresponsable de toute manifestation. La Conscience, qui constitue mon être, est partout, en tout. Je perçois l'Unité.

C'est l'état de conscience du Fils, du Christ, de Krishna, de Bouddha, de la deuxième personne de Dieu, la parfaite réflexion de la Conscience dans le mental.

Nota bene : cet étage a deux faces, qu'il est bon de distinguer. La face contemplative — je suis tout, je suis l'unité — est celle que l'on rencontre en premier. La face active — je suis avec les grandes Forces qui animent la création, et j'agis avec elles — est plus rare et plus exigeante. Beaucoup s'installent dans la première sans accéder à la seconde.

Cet état est atteignable par tout être humain avec un système nerveux en bonne santé. Il faut beaucoup de travail pour s'établir à cet étage, mais c'est possible.

Il y a peut-être une personne sur 10 000 qui a partiellement accès à cet état de conscience, et une personne sur 10 000 000 qui y est établie, soit quelques centaines dans le monde en ce moment.

Étage 7 : La conscience absolue

Je suis, sans attribut, avant le mental, donc avant toute création, avant toute intention.

Comme je n'ai pas encore décidé de créer, je ne suis pas Dieu, je suis ce que je suis, sans qualificatif, Un, sans aucun contraste.

Ce que je veux, je le suis. Ce que je suis, je le veux.

Une fois l'accès à cet état de conscience gagné, nous avons l'outil pour explorer et participer à la Création.

Cet état "avant la création" est aussi le lieu de naissance du Verbe créateur. Il n'est pas que "vierge", il est aussi "femme", c'est-à-dire fécond.

L'accès au 7e étage suit naturellement quand on a atteint le 6e étage. Ainsi, il y a probablement au moins une centaine de personnes vivantes en ce moment qui ont accès à volonté à cet état de conscience.

"Étage 8" : L'incarnation

Ancré dans la responsabilité, nourri par le service, le 8e étage se caractérise par la traduction de la conscience supérieure dans chaque geste du quotidien.

C'est l'étage descendant. Les sept premiers montent ; le huitième revient.

La vérité d'une réalisation ne se mesure pas sur le tapis. Elle se mesure à la table du petit-déjeuner, au volant, à la caisse du supermarché, dans la patience qu'on a quand on est dérangé.

Le tapis de méditation n'est pas un refuge. C'est un atelier. On y prépare la personne qui va vivre la journée.

Méditer pour s'élever sans redescendre est une fuite raffinée. Méditer pour devenir une meilleure personne inscrit la pratique dans la vie.

Ici, la séparation entre le sacré et le profane disparaît. Faire la vaisselle attentivement vaut une heure de méditation distraite.

Un état qui ne tient pas dans le quotidien n'est pas un état stable, c'est une visite.

C'est probablement l'étage qui demande le plus de temps, celui où il y a le moins de monde, et le plus utile au monde.

Pourquoi et comment abrutir la population

L'acte d'achat est déclenché par l'émotionnel, plus précisément par une variation émotionnelle, par exemple par la dissipation d'une peur ou la satisfaction d'un manque, et est ensuite validé par une pensée rationnelle. Comme déjà mentionné, la pensée rationnelle est vide, aveugle, elle peut justifier n'importe quoi.

Ainsi, pour vendre, il faut maintenir les gens dans les trois premiers étages, et si possible dans les deux premiers. L'étage le plus commode pour induire une vente est le 2e, celui de la pensée magique. Il faut donc ramener le client potentiel dans un désir, en lui promettant une satisfaction.

Pour casser le fonctionnement rationnel, par exemple pour influencer un vote ou une élection, il suffit de véhiculer beaucoup d'informations, pour saturer le raisonnement ou pour semer le doute.

La promotion de la diversité des genres et des préférences sexuelles, ainsi que tout ce qui renforce l'idée de séparation, qui divise, nous détourne de l'essentiel et diminue notre capacité de discernement.

L'ensemble des médias nous abrutit, soit en nous mentant, soit en sélectionnant l'information, pour satisfaire les annonceurs, les propriétaires des médias ou les politiques. L'intérêt des médias, à l'exception de quelques petits médias indépendants actifs sur les réseaux sociaux, est économique, il n'est pas d'informer, pas d'élever la population, mais de l'abrutir pour mieux la contrôler et l'asservir.

C'est le fait que la majorité de la population vive au 3e étage et en-dessous qui induit cela. L'égoïsme règne en maître. Il faut que suffisamment de personnes s'élèvent aux 4e et 5e étages pour que l'altruisme devienne dominant et que cesse cette énorme pression interne à la décadence.

L'altruisme a l'air rationnellement stupide, mais comment vivre bien dans un monde où les autres vont mal ? Comment vivre bien dans un monde en guerre ?

Comment s'élever — et comment redescendre

On s'élève par le travail et par le non-attachement.

La capacité de discrimination se cultive par la recherche d'informations complètes et fiables ainsi que par le non-attachement. Si nous avons des préférences ou des émotions en relation avec un sujet, c'est un obstacle majeur au discernement.

Le premier obstacle à la connaissance est la connaissance. Rien ne nous retient plus de creuser un sujet que l'impression de déjà savoir.

Pour toute décision importante, il s'agit de prendre du temps et de travailler.

Il faut d'abord privilégier l'expérience directe pour l'acquisition de la connaissance. L'inférence est valable également. Le recours à un expert permet de gagner du temps dans l'acquisition de la connaissance, mais il ne suffit pas.

Sans méditer, il est presqu'impossible de s'élever rapidement. Une vie valable nous élève, mais lentement.

Et une fois élevé, il faut redescendre. C'est tout le sens du 8e étage. La méditation prépare l'action ; elle ne la remplace pas. Le test, chaque jour, est dans la qualité de présence que nous apportons à ce qui se présente — pas dans la qualité de nos états intérieurs quand nous sommes seuls sur notre tapis.

Le travail véritable est de tenir les deux ensemble : monter et redescendre, méditer et agir, se retirer et servir. C'est exigeant, mais c'est la seule voie qui ne soit pas une fuite.