51 sutras qui introduisent au yoga, aux méthodes et au but.
Maintenant
atha yogānuśāsanam (1)
Désormais commence la révélation du yoga
Une phase de la vie est terminée et une nouvelle phase commence: la voie du yoga qui mène à la libération de la souffrance humaine qui a sa racine dans l’ignorance.
Lahiri Mahasaya enseigne : En calmant l'intellect et en gardant le mental transpercé dans le Bindu, l'arrêt qui survient en fixant continuellement l'unique Étoile est appelé "samādhi".
yogaś citta-vṛtti nirodhaḥ (2)
Le yoga est la maîtrise des activités du mental
L’âme, le Soi, doit contrôler le souffle, le mental et toutes ses activités et les sens. C'est l'extinction et l'arrêt, survenant automatiquement, de tous les mouvements du citta (conscience individuelle).
tadā draṣṭuḥ svarūpe avasthānam (3)
vṛtti sārūpyam itaratra (4)Alors, le témoin est établi dans sa vraie nature (3)
Sinon il s’identifie aux formes reflétées dans le mental (4)
Le mental est maîtrisé quand et seulement quand nous sommes établis (avastha) dans notre vraie nature (svarūpa). Alors, le Soi restant dans le Soi, on voit l'Âme Suprême. Dans l'état de samādhi, on est établi dans la Personne Témoin Elle-même — la Conscience Suprême.
Sinon, comme un reflet sur une eau agitée, le tourment du chitta apparaît comme le tourment de la personne.
vṛttayaḥ pañcatayyaḥ kliṣṭākliṣṭāḥ (5)
Les cinq activités du mental sont porteuses ou non de souffrance (5)
Engagées ou désengagées des affaires du monde, il y a cinq types de mouvements. Dans les accumulations mondaines, c'est klishta (misère) ; désengagé, c'est aklishta (sans misère).
pramāṇa viparyaya vikalpa nidrā smṛtayaḥ (6)
La perception directe, l’erreur, l’imagination, le sommeil et la mémoire (6)
Cette répartition des activités mentales en cinq catégories est en lien avec les cinq cakras, de mūlādhāra à viśuddha.
pratyakṣānumānāgamāḥ pramāṇāni (7)
La perception directe, l’inférence est le témoignage sont les modes de la connaissance juste (7)
La connaissance, même juste, est un obstacle. Elle est potentiellement porteuse de souffrance.
viparyayo mithyājñānam atadrūpapratiṣṭham (8)
La connaissance fausse est basée sur une perception erronée de la réalité (8)
Ne pas dire que le faux est faux — c'est-à-dire reconnaître le faux comme vrai — est viparyaya.
śabdajñānānupātī vastuśūnyo vikalpaḥ (9)
L’imagination, fondée sur des mots, n’est qu’échafaudage intellectuel, dépourvu de réalité (9)
Suivre la connaissance des mots alors que la chose réelle est vide de substance, c'est vikalpa (concept/imagination).
abhāva pratyaya alambanā vṛttir nidrā (10)
Le sommeil est l’activité mentale fondée sur le néant (10)
L'arrêt de l'expérience du corps est appelé nidrā (sommeil). Même dans le sommeil sans rêve (sushupti), où il n'y a connaissance de rien, cet état est vécu.
anubhūta viṣayāsampramoṣaḥ smṛtiḥ (11)
La mémoire est la récurrence des impressions recueillies (11)
Contempler ce qui a été vécu auparavant comme étant présent, c'est smṛti.
abhyāsa vairāgyābhyāṁ tannirodhaḥ (12)
On acquiert la maîtrise des activités mentales par la pratique et l’équanimité (12)
Tous ces mouvements (vṛttis) doivent être arrêtés par la pratique et le non-attachement.
tatra sthitau yatno’bhyāsaḥ (13)
La pratique est l’énergie déployée en vue de maintenir le mental établi (13)
Qu'est-ce que abhyāsa ? Pour calmer le mental, s'appliquer à rester toujours dans le Kutastha est ce qu'on appelle la pratique.
satu dīrghakāla nairantarya satkārādarāsevito dṛḍhabhūmiḥ (14)
La pratique est pour longtemps, ininterrompue et avec ferveur. Elle donne alors une fondation solide. (14)
En continuant cela pendant de nombreux jours — c'est-à-dire progressivement plus chaque jour — via le Kriya, la fondation inébranlable est formée.
dṛṣṭānuśravika viṣaya vitṛṣṇasya vaśīkārasañjñā vairāgyam (15)
L’équanimité est l’état de conscience triomphant de celui qui s’est affranchi des désirs de ce monde et de l’autre (15)
Renoncer à tous les désirs (vasanas) du monde visible (temporel) et audible (l'invisible dont on entend seulement parler), et rester dans le Vide en samādhi, est appelé vairāgya.
tatparaṁ puruṣakhyāter guṇavaitṛṣṇyam (16)
L’équanimité suprême est le détachement face au jeu des énergies fondamentales, lorsque l’on connaît le Soi (16)
Plus tard, étant en transe par la demeure dans la Vision merveilleuse de la Personne Suprême, le désintérêt survient pour l'existence liée aux gunas.
vitarka vicāra ānanda asmitā rūpa anugamāt samprajñātaḥ (17)
Le [samādhi] conscient est accompagné de raisonnement, de réflexion, de félicité et de sens du 'Je' (17)
Lecture Kriya : La discussion, le jugement, la paix, l’ego, les formes, ou leurs absences, mènent à une connaissance extérieure (17)
Le samprajñāta samādhi comprend :
- Question/Analyse : Ce que j'ai vu, est-ce vraiment la chose ?
- Réflexion : En rejetant la couverture de Maya, qu'est-ce que ceci que j'ai vu ?
- Félicité : L'atteinte de la Béatitude seule.
- Conscience de soi : Voir sans le corps (Témoigner de l'Atome Subtil).
virāma pratyayābhyāsapūrvaḥ saṁskāraśeṣo’nyaḥ (18)
L'autre [samādhi] est précédé par la pratique de la cessation des contenus mentaux ; il ne laisse subsister que les impressions latentes (saṁskāra) (18)
Lecture Kriya : Une pratique constante met fin au saṁskāra. Quelque-chose d’autre apparaît alors. (18)
Avec la pratique continue du repos (nivritti - désengagement) et l'atteinte du samprajnata, quand la fin des saṁskāras est atteinte, un autre type de samādhi survient : asamprajnata.
bhavapratyayo videhaprakṛtilayānām (19)
[Ce samādhi] est causé par la condition d'existence pour les désincarnés et ceux absorbés dans la nature (19)
Lecture Kriya : Votre prakṛti (nature, caractère, qualité) doit être immergée en tout temps au-delà du corps. (19)
Pour ceux qui sont sans l'orgueil du corps et ceux qui sont joints à la Nature, la Connaissance elle-même est l'impulsion vers le samādhi.
La conscience divine – prajñā
śraddhā vīrya smṛti samādhi prajñā pūrvaka itareṣām (20)
D’une pratique effectuée avec dévotion et détermination, en samādhi, découle toutes les autres choses (20)
Le samādhi advient avec la révérence, la force intérieure (continence), la contemplation et la sagesse intérieure. La révérence se manifeste par la pratique continue du Kriya ; la persévérance apporte la force ; par la contemplation d'une seule chose, le mental s'équilibre et le samprajnata arrive.
tīvra saṁvegānām āsannaḥ (21)
Ceux qui pratique avec ardeur trouveront le succès (21)
Par une friction [yogique] intense, le samādhi est atteint rapidement.
mṛdu madhyādhimātratvāt tato’pi viśeṣaḥ (22)
On trouve ici encore des différences selon que l’on y consent un effort faible, moyen ou intense (22)
Dans cette friction aussi, il y a des degrés : doux, moyen, et extrêmement intense.
īśvara praṇidhānād vā (23)
On y accède aussi par l’abandon de soi au divin (23)
Le samādhi advient aussi si l'on demeure vraiment avec une profonde dévotion en Īśvara.
Le témoin et le monde
kleśakarmavipākāśayairaparāmṛṣṭaḥ puruṣaviśeṣa īśvaraḥ (24)
Īśvara est un Puruṣa spécial, non touché par les afflictions, les actions, leurs fruits ou leurs traces latentes (24)
Lecture Kriya : On ne peut pas accéder à īśvara par kleśa (souffrance) karma (action) ou vipākā (maturation). īśvara est de même nature que puruṣa (la grande âme) (24)
Le monde a une nature différente de puruṣa. Il ne permet pas de remonter vers lui.
tatra niratiśayaṁ sarvajñabījam (25)
Là, dans īśvara, bien au-delà, se trouve la graine (bīja) de toute (sarva) connaissance (jñana) (25)
La graine de toute manifestation réside dans īśvara, au-delà de ces manifestations. Il n’est pas possible pour l’être humain d’accéder à cette connaissance, mais il peut devenir la graine, la racine de la connaissance, sarvajña bīja, de la méditation.
pūrveṣāmapi guruḥ kālenānavacchedāt (26)
Il est au-delà du temps. Il est votre guru (26)
Il était là avant cet univers et sera encore là après. Il vous guide par son murmure, il est votre satguru. Il réside à l’intérieur du crâne. Il est le feu inextinguible des évangiles, le buisson ardent qui ne se consume pas.
om
tasya vācakaḥ praṇavaḥ (27)
Son expression est le son sacré (Om), son symbole est le omkāra (27)
Le graphisme "aum" représente le chemin que le souffle parcourt dans le corps.
tajjapas tad artha bhāvanam (28)
La répétition de cela (Om) [se fait] avec la contemplation de sa signification (28)
Lecture Kriya : Ce souffle est une répétition, un chant intérieur constant. Il est la racine d’une contemplation intérieure permanente. (28)
Le véritable japa n’est pas une récitation extérieure, mais l’observation du chant de votre souffle, de sa répétition constante.
tataḥ pratyakcetanādhigamo’ pyantarāyābhāvaś ca (29)
De cela découle l'intériorisation de la conscience et la disparition des obstacles (29)
Lecture Kriya : Avec le souffle, vous devez aller consciemment à l’intérieur. Mais vous en êtes également séparé : là se trouve votre déficience intérieure. (29)
Plus on se concentre sur quoi que ce soit d’extérieur, plus nous sommes éloignés du Soi. Il faut aller à l’intérieur, avec le souffle.
Les sutras 28 et 29 peuvent aussi être traduits par : īśvara peut être invoqué par le om. Par là on peut atteindre la connaissance de soi et éliminer les obstacles.
Les obstacles et les attaches
vyādhi styāna saṁśaya pramādālasyāvirati bhrāntidarśanālabdha bhūmikatvānavasthitatvāni citta vikṣepās te'ntarāyāḥ (30)
Maladie, fatigue, doute, difficultés, paresse, inconstance, illusions, illusions perdues, instabilité et confusion de citta, sont les causes de la séparation (30)
Si notre intérieur n’est pas saturé de prāna, de lumière, ces obstacles s’installent et renforcent l’expérience de séparation.
duḥkha daurmanasyāṅgamejayatva śvāsa praśvāsā vikṣepa sahabhuvaḥ (31)
La tristesse, l’anxiété, le corps, l’agitation, la respiration et la confusion nous impliquent dans le monde (31)
Dès la naissance, dès le premier souffle, nous avons tendance à nous identifier au corps et au monde. La respiration, en particulier quand elle est irrégulière en raison de la présence d’émotions, renforce notre attachement au corps et au monde. En «remontant» à la source de la respiration, on peut faire le chemin inverse de se détacher du monde et de retrouver le soi.
Remède et pratique
tat pratiṣedhārtham ekatattvābhyāsaḥ (32)
On peut y remédier en pratiquant constamment en union avec l’être intérieur (32)
La pratique est nécessaire pour purifier les éléments dans les centres, dissoudre les attachements au monde.
maitrī karuṇā muditopekṣāṇāṁ sukhaduḥkha puṇyāpuṇya viṣayāṇāṁ bhāvanātaścitta prasādanam (33)
On purifie le mental en cultivant la bienveillance envers le joyeux, la compassion envers le malheureux, la joie à l’égard de la vertu et l’indifférence à l’égard du vice (33)
Quand par la pratique toutes les dualités sont consumées, le mental s’apaise.
pracchardana vidhāraṇābhyāṁ vā prāṇasya (34)
Ou par l'expiration et la rétention du souffle (34)
Lecture Kriya : Il est possible d’y parvenir en observant l’inspir et l’expir ou en se concentrant sur l’énergie de vie (34)
Le but ultime peut être atteint, avec une technique adéquate, par une concentration profonde sur le prāṇa, la force de vie. Quand le prāṇa est sous contrôle, citta aussi est sous contrôle.
viṣayavatī vā pravṛttirutpannā manasaḥ sthitinibandhinī (35)
Ou [la stabilité est causée] par une activité sensorielle supérieure qui fixe le mental (35)
Lecture Kriya : On peut atteindre la stabilité mentale en demeurant présent à tout objet, dès qu’il se manifeste (35)
Quand les objets matériels se présentent, le mental les reflètent. S’attacher à ces manifestations est le piège à éviter. Il faut cultiver la lumière intérieure pour se libérer de cette tentation de s’attacher à la manifestation.
La lumière intérieure jyotiṣmatī
viśokā vā jyotiṣmatī (36)
Ou par la [concentration sur la] lumière intérieure sereine (36)
Lecture Kriya : Au-delà de l’affliction ou dans la lumière intérieure (36)
Quand par la pratique on s’établit au-delà de l’affliction ou dans la lumière intérieure, c’est une étape de valeur, mais le but ultime n’est pas encore atteint.
vītarāgaviṣayaṁ vā cittam (37)
Ou [par la méditation sur] un mental libre de désir (37)
Lecture Kriya : Au-delà des fluctuations matérielles ou par citta (37)
Quand on s’établit au-delà des fluctuations, on n’a plus d’actions. Il n’y a plus ni de gains ni de pertes. On devient alors citta. La paix intérieure qui en résulte n’est pas encore le but.
svapna nidrā jñānālambanaṁ vā (38)
Ou en prenant pour support la connaissance du rêve ou du sommeil (38)
Lecture Kriya : A l’aide du rêve et du sommeil ou par la connaissance (38)
La connaissance est crée par citta, au même titre que le rêve ou le sommeil. Par la connaissance, on obtient donc le même résultat que par le sommeil ou le rêve, c’est-à-dire spirituellement rien.
La méditation dhyāna
yathābhimata dhyānād vā (39)
Ou par la méditation sur ce qui est désiré [un objet de choix] (39)
Lecture Kriya : Comme cela a déjà été dit, il faut contrôler par la méditation (39)
Pour contrôler citta, il faut se comporter avec précaution pour ne pas la perturber. Mais un comportement strict et austère ne suffit pas pour obtenir ce contrôle, il faut d’abord méditer.
paramāṇu parama mahattvānto’sya vaśīkāraḥ (40)
Sa maîtrise s'étend du plus petit atome à l'infinie grandeur (40)
Lecture Kriya : Cette énergie souveraine, cette voie noble et suprême, vous apportera une profonde maîtrise intérieure (40)
vaśīkāra est le contrôle de toutes les perturbations. Ce contrôle est possible grâce à l’énergie générée par īśvara praṇidhāna, c’est-à-dire par la méditation. Le contrôle de mental n’a pas sa source dans le mental, mais dans le yoga, depuis īśvara.
kṣīṇa vṛtter abhijātasyeva maṇer grahītṛ grahaṇa grāhyeṣu tatstha tadañjanatā samāpattiḥ (41)
Pour celui dont les fluctuations ont diminué, [il se produit] une transparence comme celle d'un cristal de haute qualité à l'égard du connaisseur, de la connaissance et du connu. C'est l'absorption (samāpatti) (41)
Lecture Kriya : La manifestation des actions disparaîtra progressivement par l’énergie qui réside à l’intérieur et deviendra aussi pure que le crystal. Cette existence intérieure a été, est et sera acceptée comme le seul remède pouvant mettre un terme à toute manifestation. (41)
Par la méditation, les manifestations et les actions intérieures s’amenuisent.
śabdārthajñānavikalpaiḥ saṅkīrṇā savitarkā samāpattiḥ (42)
L'absorption avec argumentation (savitarkā) est mélangée de mots, de sens et de connaissances (42)
Lecture Kriya : Dans le non-jugement, le silence, il faut réduire et déraciner la cause des sons, la connaissance et le rêve éveillé (42)
La véritable intériorisation commence quand on coupe les liens avec l’extérieur. Tout nom, toute forme, toute connaissance, juste ou fausse, toute pensée et toute émotion, fait partie du monde extérieur.
smṛtipariśuddhau svarūpaśūnyevārthamātranirbhāsā nirvitarkā (43)
La mémoire purifiée, comme vide de sa propre forme, ne reflétant que l'objet : c'est l'absorption sans argumentation (nirvitarkā) (43)
Lecture Kriya : La mémoire étant purifiée à chaque instant, il y a la vacuité de notre propre forme, le sans-forme, un état au-delà même du silence (43)
Toute mémoire doit être abandonnée. Si quelque forme que ce soit subsiste dans le mental, nous ne pouvons pas être sans forme, pas atteindre nirbhāsa.
etayaiva savicārā nirvicārā ca sūkṣmaviṣayā vyākhyātā (44)
Par cela même, les absorptions avec réflexion (savicārā) et sans réflexion (nirvicārā), qui ont pour objets le subtil, sont expliquées (44)
Lecture Kriya : Notre propre forme, svarūpa, ne se situe ni dans le jugement ni au-delà du jugement, ni dans la matière subtile, ni dans l’analyse (44)
Le samādhi
sūkṣmaviṣayatvaṁ cāliṅgaparyavasānam (45)
Et le domaine du subtil s'étend jusqu'à l'indifférencié (aliṅga) (45)
Lecture Kriya : L’aboutissement se trouve là où réside cette matière subtile indifférenciée (45)
Cette subtile énergie intérieure qui habite tous les êtres vivants ne peut pas être décrite, elle est totalement indifférenciée. Elle ne peut être atteinte que par le samādhi.
tā eva sabījaḥ samādhiḥ (46)
C’est le samādhi au sein de la graine (bīja) (46)
bīja est la racine de toute chose, au-delà de la manifestation. On médite sur quelque-chose, un son par exemple. Quand on arrive dans la racine de ce son, avant la manifestation, on est dans bīja.
nirvicāravaiśāradye’dhyātmaprasādaḥ (47)
Dans la clarté de l'absorption sans réflexion, [surgit] la pureté de l'Être intérieur (47)
Lecture Kriya : Se spécialiser dans l’au-delà du jugement amène dans l’âme intérieure, à la paix intérieure (47)
Si nous progressons jusqu’à la racine, jusqu’au prāna, la mémoire s’efface et tout jugement disparait. Quand la mémoire reste vide longtemps, on entre dans la graine. On est alors dans la paix de l’âme.
ṛtambharā tatra prajñā (48)
Là, cet état de pleine sagesse est source de vérité (48)
L’état de samādhi est l’état du non-manifesté. Il est source de la sagesse, prajñā.
śrutānumānaprajñābhyāmanyaviṣayā viśeṣārthatvāt (49)
Cette sagesse est d’une autre nature que celle issue d’un témoignage ou d’un raisonnement, elle touche directement l’essence du réel (49)
Le samādhi est l’état de vérité et de sagesse. Il ne peut pas être atteint par l’écoute, le son ou l’imagination. Il ne peut pas être décrit. Il est l’état sans parole, la Vacuité.
tajjaḥ saṁskāro’nya saṁskāra pratibandhī (50)
Le saṁskāra né de cela obstrue les autres saṁskāras (50)
Lecture Kriya : Le saṁskāra (fruit, impression mentale) qui en émerge est très différent de celui créé par toutes les attaches (pratibandhī) (50)
L’expérience du samādhi a l’effet d’un baptême, il nous fait naître à notre dimension spirituelle.
tasyāpi nirodhe sarvanirodhān nirbījaḥ samādhiḥ (51)
Une fois que le samskāra issu de toutes vos attaches est arrêté, vous parvenez à nirbīja samādhi, le samādhi au-delà de la graine (51)
Avec la pratique de la méditation et du samādhi, le karma est brûlé. Quand le samskāra en lien avec le monde est épuisé, il est possible, par le samādhi, de se maintenir au-delà de toute graine (nirbīja), de se libérer définitivement de tout désir et de la souffrance qui en découle immanquablement.
