dhyānaheyāstadvṛttayaḥ (11)

Si l’on néglige la méditation, les vṛtti dominent (11)

Le yoga, c’est la maîtrise de vṛtti, des activités du mental. Ne pas méditer, c’est la garantie que ces activités vont reprendre le dessus et nous attacher au monde. Sans méditer constamment, toute la journée, il n’est pas possible de résister aux tentations. La méditation constante, la pratique de īśvara praṇidhāna, permet de garder la connexion avec le subtil et d’ainsi ne pas se laisser noyer par les vagues du mental (vṛtti).

kleśamūlaḥ karmāśayo dṛṣṭādṛṣṭajanmavedanīyaḥ (12)

La souffrance provient des impressions mentales laissées par l’action (karma), générée par l’attention portée à ce qui apparaît, à ce que est perçu ou à ce qui n’est pas perçu. (12)

La relation que nous avons avec ce que nous faisons, percevons ou imaginons, laisse des traces en nous. Ce traces conditionnent notre existence et sont comme une matrice solide qui nous maintient dans l’obscurité du monde, c’est-à-dire dans l’gnorance que notre vraie nature est pure conscience.

La relation entre l’acte de vision et l’objet de la vision est le processus de création, l’action, le karma. Pour aller où on le souhaite dans le monde, il faut faire attention à ce à quoi nous portons attention, car cela aura tendance à grandir. Pour aller là où nous voulons spirituellement, il convient de ne plus créer de karma, de ne plus avoir d’action. Pour cela, il faut ne plus avoir de relation avec le monde et offrir toutes nos actions. Il faut casser les « moi », « mon », « mien », etc. Le divin ne se révèle qu’à ceux qui ont le cœur pur, débarrassé des traces, négatives et même positives, laissée par le karma.

sati mūle tadvipāko jātyāyurbhogāḥ| (13)

Dans cette racine murissent castes et caractères, durée, jouissances et souffrances (13)

Toute conception et sanctionnée d’une naissance. Celle dont il est question ici prend du temps pour mûrir en vous, dix secondes, dix jours, dix ans, … symboliquement le nombre dix. Toute conception, physique ou mentale, est élaborée à partir des cinq éléments, dans un sens ascendant (terre, eau, feu, air et éther), puis descendant. A chaque séquence désir-conception-naissance correspond une durée. Tant que cette durée n’est pas écoulée, il n’est pas possible d’échapper à l’expérience et à la souffrance qui va avec. d’où l’importance d’arrêter de générer du karma en s’impliquant personnellement dans l’action.

te hlādaparitāpaphalāḥ puṇyāpuṇyahetutvāt (14)

Qu’ils soient jouissance ou souffrance, pêché ou action vertueuse, les fruits du karma s’impriment dans la mémoire (14)

Les actions avec lesquelles nous avons un lien personnel génèrent des sentiments en nous qui s’impriment dans notre mémoire. Ce sont les saṁskāra.

pariṇāmatāpasaṁskāraduḥkhairguṇavṛttivirodhācca duḥkhameva sarvaṁ vivekinaḥ (15)

Ce qui en résulte, sensations de brûlure, saṁskāra, afflictions, qualités et actions sont des entraves, même pour le sage (15)

Le bon karma et plus léger que le mauvais karma, mais tout karma est une entrave. Même le sage, dans la mesure dans laquelle il entretient un lien affectif avec quelque-chose, se génère des souffrances.

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