sūkṣmaviṣayatvaṁ cāliṅgaparyavasānam (45)

L’aboutissement se trouve là où réside cette matière subtile indifférenciée (45)

Cette subtile énergie intérieure qui habite tous les êtres vivants ne peut pas être décrite, elle est totalement indifférenciée. Elle ne peut être atteinte que par le samādhi.

tā eva sabījaḥ samādhiḥ (46)

C’est le samādhi au sein de la graine (bīja) (46)

bīja est la racine de toute chose, au-delà de la manifestation. On médite sur quelque-chose, un son par exemple. Quand on arrive dans la racine de ce son, avant la manifestation, on est dans bīja.

nirvicāravaiśāradye’dhyātmaprasādaḥ (47)

Se spécialiser dans l’au-delà du jugement amène dans l’âme intérieure, à la paix intérieure (47)

Si nous progressons jusqu’à la racine, jusqu’au prāna, la mémoire s’efface et tout jugement disparait. Quand la mémoire reste vide longtemps, on entre dans la graine. On est alors dans la paix de l’âme.

ṛtambharā tatra prajñā (48)

Là, cet état de pleine sagesse est source de vérité (48)

L’état de samādhi est l’état du non-manifesté. Il est source de la sagesse, prajñā.

śrutānumānaprajñābhyāmanyaviṣayā viśeṣārthatvāt (49)

Cette sagesse est d’une autre nature que celle issue d’un témoignage ou d’un raisonnement, elle touche directement l’essence du réel (49)

Le samādhi est l’état de vérité et de sagesse. Il ne peut pas être atteint par l’écoute, le son ou l’imagination. Il ne peut pas être décrit. Il est l’état sans parole, la Vacuité.

tajjaḥ saṁskāro’nya saṁskāra pratibandhī (50)

Le saṁskāra (fruit, impression mentale) qui en émerge est très différent de celui créé par toutes les attaches (pratibandhī) (50)

L’expérience du samādhi a l’effet d’un baptême, il nous fait naître à notre dimension spirituelle.

tasyāpi nirodhe sarvanirodhān nirbījaḥ samādhiḥ (51)

Une fois que le samskāra issu de toutes vos attaches est arrêté, vous parvenez à nirbīja samādhi, le samādhi au-delà de la graine (51)

Avec la pratique de la méditation et du samādhi, le karma est brûlé. Quand le samskāra en lien avec le monde est épuisé, il est possible, par le samādhi, de se maintenir au-delà de toute graine (nirbīja), de se libérer définitivement de tout désir et de la souffrance qui en découle immanquablement.

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