La bhagavadgītā

La bhagavadgītā, terme sanskrit se traduisant littéralement par « Chant du Seigneur » ou « Chant du Bienheureux », est la partie centrale du poème épique mahābhārata (aranyaka-parva, 25 – 42). Ce texte est un des écrits fondamentaux de l’hindouisme souvent considéré comme un « abrégé de toute la doctrine védique ».

La bhagavadgītā est composée de 18 chapitres. Ce récit n’a cessé d’imprégner la pensée indienne tout au long des siècles. Elle s’autoproclame ūpaniṣad, enseignement spirituel et traité sur le yoga. A la fin de chaque chapitre, il est dit:

OM tat saditi śrīmadbhagavadgītāsūpaniṣatsu brahmavidyāyāṃ yogaśāstre śrīkṛṣṇārjunasaṃvāde [nom d’un yoga]yogo nāma [numéro du chapitre].adhyāyaḥ

Le mahābhārata est un grand poème épique écrit entre 3000 ans avant JC et JC, on se sait pas exactement. Ce poème représente la grande histoire de l’homme. Tout ce que l’homme vit sur son chemin spirituel y est représenté.

La bhagavadgītā est un dialogue entre kṛṣṇa et arjuna, sur le champ de bataille. kṛṣṇa interrompt le temps pour donner à arjuna l’enseignement spirituel.

La bhagavadgītā est un exposé sur le yoga, elle présente les trois voies que sont le karma yoga (chemin de l’action juste), le bhakti yoga (chemin de dévotion) et le jñana yoga (chemin de connaissance). Ces trois chemins se nourrissent mutuellement.

  • karma yoga : agir par devoir sans attachement aux fruits de ses actes. Chaque action est offerte à kṛṣṇa ou viṣṇu en sacrifice
    abhyāsa: représente l’action juste, faite par devoir, selon son dharma
    vairāgya : sans passion, sans attachement. Littéralement : au-delà des rythmes
  • bhakti yoga : Vivre dans la gratitude tout le temps, offrir chaque souffle au Seigneur
  • jñana yoga : Etudier la science spirituelle. Savoir que je suis ātmā, âme immortelle, et que je fais l’expérience du corps et du mental.

Pour interpréter la bhagavadgītā , il faut considérer qu’elle décrit notre chemin spirituel personnel et que chaque personnage représente une partie de nous. Par exemple, kṛṣṇa représente la plus haute conscience en nous (6e cakra), arjuna représente notre bonne volonté (3e cakra) et yudhiṣṭhira notre équanimité (5e cakra). dhṛtarāṣṭra et ses 100 fils représentent le mental aveugle et ses caractéristiques positives et négatives qui tendent à nous attacher au monde, aux idées et au faux ego. sanjaya représente notre capacité d’introspection.

Il y a trois étapes dans la sādhāna. d’abord, il s’agit de pratiquer le kriya avec foi ; ensuite avec la pratique vient la dévotion ; et de la dévotion naît la connaissance. A leur tour, la dévotion et la connaissance renforcent la motivation à pratiquer. Ce trio foi-dévotion-connaissance correspond au karma (action) – upāsanā ou bhakti (prière/dévotion) – jñāna (connaissance) de la gitā. Les six premiers chapitres de la gitā parlent de karmayoga, les six suivant de bhaktiyoga et les six derniers de jñānayoga.

Le sādhaka (le pratiquant), sous l’emprise de māyā, est dès le début de la pratique influencé par le faux ego, par les sentiments d’identité individuelle « je » et de possession « mon » (1er ch.) ; après, avec la grâce du guru, comprenant la différence entre le réel et l’irréel selon les principes du sāṃkhya (2e ch.), il s’engage dans l’action (3e ch.). Après avoir atteint le non-attachement aux actions (4e ch.), il pratique le prānāyāma avec un mental pur, et avec l’équanimité il détruit le poids de son karma (5e ch.). Ensuite, atteignant un état stable, il plonge en méditation (6e ch.). Ces six chapitres forment le karma kānda, la partie orientée action, de la gitā.

Grâce à la méditation, le sādhaka acquiert la connaissance spirituelle et progresse vers le but (7e ch.). Ensuite, par le principe de dévotion, de la soumission intérieure, il avance vers le tārakabrahma yoga (8e ch.). En réalisant l’omniprésence du soi; il comprend le principe qui constitue le secret royal (9e ch.) et atteint tous les vibhuti (10e ch.). Bientôt les extensions divines de l’être suprême lui sont révélées et son mental devient grand, et il reçoit une vision de la forme universelle du soi suprême (11e ch.). Cette vision, darśana, de la forme universelle du seigneur, viśvarūpa, lui insuffle une dévotion extrême et il atteint bientôt la réalisation du soi (12e ch.). Ces six chapitres constituent le upāsanā kānda, la partie dévotionnelle de la gitā. L’action et la connaissance sont également comprises dans cette partie.

Peu après la réalisation, sont comprises les différenciations entre la nature (prakṛti) et son créateur (puruṣa) (13e ch.), entre les trois gunas (14e ch.), entre le destructible (kṣara), l’indestructible (akṣara) et l’être suprême (puruṣottama) (15e ch.), entre les qualités divines et non-divines (16e ch.) et entre les trois sortes de foi (17e ch.). Ainsi, le principe de la libération est révélé et le sādhaka atteint mokṣa, renonçant à tout pour se donner entièrement au seigneur suprême (18e ch.). Ces six derniers chapitres constituent le jñana kānda, ou partie orientée vers la connaissance, de la gitā.

Bibliographie

God Talks with Arjuna: The Bhagavad Gita par Paramahansa Yogananda (Amazon)

Commentaries by Lahiri Mahasaya, Sri Yukteswar and Swami Pranabananda to be read on http://www.yoganiketan.net

 

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